العرائش نيوز:
… HUMEUR DU SAMEDI
. Le géant des rizières
Des investisseurs espagnols du groupe Herba, géant agroalimentaire, installent en 2001 au Maroc, plus exactement dans la région de Larache, une filiale qu’ils dénomment Mundiriz. L’investissement conséquent de quelques 60 millions de dirhams consistant en l’installation d’une usine de production de riz hautement automatisée est une vraie aubaine pour le développement économique de cette région traditionnellement agricole. On se passera toutefois de vouloir encombrer le lecteur de données statistiques soulignant les performances du colosse et regardons plutôt l’envers du décor, en d’autres termes, l’autre côté de la
. médaille qui nous a semblé cependant être beaucoup moins reluisant
. Jugez-en vous –mêmes
Le lecteur attentif des journaux électroniques de notre ville n’a sûrement pas raté ces derniers temps les dépêches concernant la société Mundiriz, implantée à Hyayda, province de Larache. Cette société, qui a défrayé la chronique à plusieurs reprises, d’abord concernant une invasion de la région par des moustiques, ensuite par des atteintes flagrantes aux droits des travailleurs, et enfin pour cause d’usage, selon ce qu’ont rapporté les mêmes dépêches, de produits hautement toxiques, dont
! certains prohibés, n’est donc aussi blanche que le riz qu’elle produit
Tout le monde se rappelle certainement les événements rocambolesques qui ont eu lieu en 2012 dans les Douars de Chlihates et S’his’hates, événements ayant nécessité l’intervention de contingents militaires soutenus par deux hélicoptères et qui ont laissé derrière eux, selon la presse, quelques 250 blessés, autant du côté des habitants que du côté des forces chargés du maintien de l’ordre, sans oublier les péripéties judiciaires à l’encontre des habitants qui ont suivi, donnant au problème
.une dimension nationale, voire même internationale
Cette société donc, qui profite de prix très bas de locations de milliers d’hectares d’une terre très fertile et riche en eau, beaucoup moins cher qu’en Espagne (10 fois moins, selon des sources espagnoles), semble sur le terrain faire ce que bon lui semble, faisant fi du Code du travail marocain (non déclaration des accidents de travail, hygiène de travail minimaliste, maladies professionnelles, non paiement des heures supplémentaires, renvoi…), et allant même jusqu’à utiliser, au vu et au su de tous, des produits hautement toxique et interdits internationalement selon le Protocole de Montréal signé en 1987, tels que le Phosphure d’aluminium, insecticide dont la dangerosité est notoire, ainsi que le Bromure de méthyle, fongicide extrêmement dangereux, interdit mondialement mais toujours en usage dans certains
!pays
Notre Royaume figurerait donc parmi ces pays ? Ou le géant des rizières
? s’octroierait-il des dérogations que le législateur ignorerait
N’empêche qu’il serait de bon aloi que notre géant, qui tire plus que profit de la manne marocaine, fasse amende honorable en se rangeant au plus pressé du côté du droit en ce qui concerne les mesures agroenvironnementales décriées ainsi que les conditions de travail qui laissent, selon les déclarations des travailleurs, beaucoup à désirer. Par ailleurs, les autorités compétentes se doivent également de renforcer les contrôles et de sévir là où il se doit, dans l’intérêt du pays et de ses
!habitants
Bouharrate ML
Le 07 novembre 2015
