HOMMAGE A MON AMI ET CAMARADE ABDELMOUMEN CHBARI
La nouvelle de la mort de mon camarade Chbari m’est tombée comme la foudre sur la tête ce matin du 24 mai ici à Montréal.
J’ai connu Abdelmoumen en 1982 au début de l’année universitaire au mois de novembre par le biais d’une amie et d’emblée nous sommes devenus des amis et la confiance s’est installée sans aucune méfiance imposée par les tristement célèbres années de plomb.
Malgré le siège, l’épée de Damoclès qui pesaient sur l’université, nous avons crée les premiers noyaux de lutte au sein de la faculté de Ain Chock.
L’UNEM , Le ciné-club, le travail de quartier et tant de choses.
Je dois beaucoup à Chbari et je suis fière de l’avoir connu.
Tu m’as appris à tempérer ma fougue et mon aventurisme.
Tu as été mon maître ; tu m’as ouvert les sentiers lumineux du mouvement révolutionnaire. Grâce à toi, j’ai appris à me documenter, à lire les grands livres, connaître les maisons d’édition sérieuses, discuter, m’organiser. Sans toi je ne serais devenu qu’un hurluberlu perdu.
Tu m’as fait confiance et m’as ouvert aux arcanes de ILA LAMAM. Je lisais avec amour sa littérature et participais avec modestie à son programme sous ton contrôle très tolérant.
Voilà plus de 31 ans que nous nous connaissons. De longues années pleines de dons, d’abnégation et de lutte.
Le makhzen t’a mis derrière les barreaux pour te plier, il n’a pas réussi, mais il m’a séparé pour un bon bout de temps avec toi. Ce fût cruel pour moi.
Ton image se dresse maintenant devant moi, celle d’un grand homme de gauche, d’un intellectuel, d’un journaliste, d’un fidèle parmi les fidèles, d’un précieux camarade qui a su amadouer la clandestinité, les années de plomb et la prison. Bravo, c’est une leçon pour nous et un cadeau immense à notre peuple et notre patrie.
Abdelmoumen est avant tout un être humain.
Il sait vous séduire et sa compagnie est très agréable, il sait parler à ses camarades, il sait parler aux femmes, aux enfants.
Il n’est absolument pas un militant de « bois », bien au contraire, un grand lecteur des sommités littéraires, amoureux de la musique et de l’art.
Le ridicule le tue, c’est un être plein d’esprit. On raffole de ses polémiques. Il sait vous faire rire. Son ironie est acerbe avec ses adversaires, très la bienvenue avec ses amis et camarades.
L’humour, la plaisanterie bien à propos sont ses qualités inoubliables.
QUELLE PERTE POUR NOUS CHER CAMARADE !
Repose en paix camarade. Nous prendrons soin de ta petite famille, nous veillerons sur Khadija, une Pénélope de la fidélité et du sacrifice.
Je te promets de rester fidèle à ton testament rouge.
TON AMI ET CAMARADE NOUREDDINE EL HATTAB EL IBRAHIMI .
